TRUCS ET ASTUCES

Porto Santo, ou comment réussir la mission d’une « smart island » autonome en énergie et en route pour sa transition énergétique

De nombreuses batailles sont à mener pour imposer de nouvelles mobilités et réussir la transition écologique. Celle remportée par Renault Group sur une petite île portugaise montre comment voitures électriques et batteries de seconde vie peuvent se compléter pour former un système de gestion de l’énergie intelligent sur un territoire donné. Une belle aventure, qui ne s’arrête pas aux portes du Portugal mais peut au contraire inspirer à convertir d’autres endroits en « territoires intelligents » combinant mobilité partagée et autonomie énergétique. Découvrez ici les cinq ingrédients qui ont permis de réussir cette mission — et aideront à généraliser ce succès.

ingrédient 1 : bien choisir le terrain et se fixer des objectifs ambitieux

Porto Santo est une île de 42 km2 au large de Madère au Portugal. L’île est battue par les vents, isolée, raisonnablement ensoleillée. Avant 2017, elle importait encore massivement de l’énergie fossile. Les énergies renouvelables (éolienne et solaire) y représentaient 15% du mix énergétique, pénalisées par une production intermittente. Tout était donc à faire, sur ce beau territoire à taille humaine.

Dès 2017, le projet Smart Fossil Free Island affiche son ambition : faire de Porto Santo la première « île intelligente » autonome au plan énergétique.
Le terrain idéal était trouvé.

ingrédient 2 : s’entourer d’alliés et s’équiper d’outils adaptés

Un projet de cette nature peut difficilement être mené en solo. Jouer en groupe apporte souvent des avantages, mais c’est ici la clé du succès. En 2018, le gouvernement régional et la Empresa de Electricidade da Madeira, fournisseur local d’énergie, viennent chercher l’expertise de Renault Group pour proposer une solution de mobilité innovante. L’équipe au complet. Le projet est lancé.
 
La voiture électrique est au cœur du dispositif : 20 véhicules électriques (14 Renault ZOE et 6 Renault Kangoo Z.E.) sont mis à disposition de volontaires pour un usage quotidien, en s’appuyant sur 40 bornes de recharge installées sur l’île.

ingrédient 3 : miser sur de multiples innovations (et leur complémentarité)

Le projet consiste à tirer parti de trois nouvelles technologies clés, destinées à optimiser la gestion de l’énergie.

D’abord le smart charging, qui adapte la recharge des voitures en fonction de l’état du réseau (grid) et de l’électricité renouvelable disponible. La recharge est maximale lors des pics de production d’énergie renouvelable, mais s’interrompt quand la demande en électricité est supérieure à l’offre. Ensuite, on implémente le vehicule-to-grid (V2G), un principe selon lequel les batteries des véhicules électriques peuvent elles-mêmes fournir un complément d’électricité quand les pics de consommation sur le réseau le nécessitent. Enfin, le stockage stationnaire d’énergie s’appuie sur les batteries des voitures qui ne servent plus à les propulser, pour emmagasiner l’énergie solaire et éolienne produite sur l’île. C’est une véritable « seconde vie » pour les batteries, qui voient leur durée d’utilisation potentielle doubler.

ingrédient 4 : savourer la première victoire

En 2021, la mission initiale est (presque) accomplie. En passant de 0 à 50 véhicules électriques, la proportion d’énergie renouvelable utilisée pour recharger les voitures a augmenté de 16 %, tandis que les émissions de gaz à effet de serre de l’île ont baissé de 15 %. L’empreinte carbone d’un véhicule électrique est ainsi inférieure de 11 % à celle d’un véhicule diesel et de 34 % à celle d’un véhicule à essence. Bravo !

Et la flotte de voitures propres mise en service à Porto Santo devrait prochainement atteindre une centaine de véhicules électriques. Selon le WWF, partenaire de Renault Group pour une étude sur l’apport des nouvelles solutions de mobilité dans la transition écologique à Porto Santo, « l’île pourrait ainsi diviser son empreinte carbone par 10 d’ici 2030 » en s’appuyant sur ces solutions, dans lesquelles « le stockage de la surproduction verte grâce aux batteries est essentiel ».

ingrédient 5 : capitaliser sur l’expérience et reproduire le modèle

Mais l’expérience de Porto Santo ne relève pas du « miracle ». C’est davantage un prélude, presque une bande-annonce, montrant la voie vers d’autres territoires durables, à empreinte carbone nulle. Le modèle peut être reproduit dans d’autres îles (comme ce fût le cas en France, à Belle-île-en-mer) ou dans d’autres territoires, en adaptant les équipements à la situation de chacune.

Des initiatives s’appuyant sur les principes mis en œuvre à Porto Santo apparaissent d’ailleurs déjà en plusieurs endroits du monde, dessinant l’avenir de l’écologie urbaine. À Utrecht, ville de 350 000 habitants aux Pays-Bas, la start-up LomboXnet initie son programme « We drive solar » en partenariat avec Renault Group en 2017. Une flotte de 150 Renault ZOE en autopartage se déploie actuellement dans le quartier de Lombok. Elles fonctionnent grâce à des panneaux solaires installés sur le toit des écoles, qui alimentent un réseau de bornes de recharge 100 % écologique, dont certaines bidirectionnelles selon le principe du V2G.

Toujours aux Pays-Bas, l’application mobile Z.E. Smart Charge, développée en partenariat avec Jedlix, incite au smart charging en récompensant financièrement les usagers pour leur contribution à réduire la pollution atmosphérique et l’effet de serre.

Et dans le cadre du projet Advanced Battery Storage, Renault Group s’associe à plusieurs acteurs tels que Fenecon à Elverlingsen en Allemagne, Nidec à l’usine Renault de Douai dans le nord de la France ou encore The Mobility House pour tous les sites installés. Ensemble, les partenaires proposent des solutions qui permettent de réguler le réseau électrique national en temps réel, grâce aux batteries des véhicules électriques, utilisées pour faire du stockage stationnaire. À terme, le projet – déployé en France et en Allemagne – atteindra une capacité de 70 MWh.

C’est bien pour répliquer le modèle expérimental vertueux de Porto Santo dans beaucoup d’autres territoires et à diverses échelles (bâtiment, quartier, ville, île…) que Renault Group a créé Mobilize. Parler directement aux acteurs des territoires de la mise en place de ce genre de système est l’atout gagnant pour accélérer la transformation de nos lieux de vie — et atteindre les objectifs européens de neutralité carbone en 2050.

Alors à vous de jouer : les ingrédients sont ici.